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En quels sens peut-on parler de subjectivité du temps ?

par philo.doctes (6/03/2018)

Résumé de l’intervention de Raphaël Authier (doctorant à l’université Paris-Sorbonne) le 15 mars 2018 :

Parmi les principaux textes philosophiques s’étant penchés sur la question du temps, l’idée selon laquelle le temps serait « subjectif » revient à plusieurs reprises. Mais se demander si le temps est subjectif ne revient pas à se demander si et comment la perception du temps varie : il n’est pas question du passage du temps (et de la manière différente dont il serait perçu d’un individu à un autre), mais de ce qu’est le temps (et du fait qu’il est peut-être, au moins en partie, produit par la conscience). Toute la question est de savoir quel rôle joue la subjectivité dans la détermination de la temporalité des objets que nous nous représentons. Jusqu’à quel point peut-on considérer que la conscience « prête » à ses objets de pensée des déterminations temporelles qu’elle a elle-même constituées ? Cette intervention réfléchira ainsi sur le sens qui peut être donné à l’idée de subjectivité du temps – du moins jusqu’à la fin du XIXème siècle, puisque le problème se complique considérablement au siècle suivant (avec Bergson et Heidegger, d’une part, et avec l’apparition de la physique relativiste, d’autre part). Nous examinerons successivement quatre versions différentes de la thèse de la subjectivité du temps : celle d’Augustin (au livre XI des Confessions), celle de Kant (dans la Critique de la raison pure), celle de Hegel (à partir d’un passage de la Phénoménologie de l’esprit), et celle de Schelling (essentiellement à l’aide des Âges du monde). Nous tenterons de montrer d’une part que ces thèses se répondent les unes aux autres, donc que le problème se raffine au fur et à mesure de l’histoire de la philosophie, et d’autre part que l’idée selon laquelle le temps serait « subjectif » ne veut pas forcément dire que le temps n’existerait qu’à l’intérieur du sujet pensant et de ses représentations.