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« L’épistémologie du ’microenvironnement tumoral’ dans les études sur le cancer ».

par philo.doctes (18/11/2019)

Le mardi 19 novembre (Amphithéâtre Chasles, 18h). Résumé de l’intervention de Sarah Yvonnet, doctorante en philosophie de la biologie à la Faculté des lettres et la Faculté des sciences de Sorbonne Université.

« Depuis l’avènement de la biologie moléculaire et de la génétique dans les années 80, le cancer est défini comme une « une maladie génétique – c’est à dire, qui est causée par des modifications dans les gènes qui contrôlent le fonctionnement de la cellule et plus précisément la division et la croissance cellulaire. » (Institut National du Cancer des Etats Unis). Cette définition a notamment permis la mise en place d’un axe de recherche dominant en cancérologie, se concentrant sur une approche cellulaire et génétique de la maladie et qui a permis de nombreux succès théoriques et thérapeutiques.

Or, depuis les années 2010 le terme de « microenvironnement tumoral » a pris une importance considérable dans le domaine de la recherche sur le cancer. Le microenvironnement tumoral désigne l’ensemble formé par les cellules cancéreuses et les cellules saines en interaction avec celles-ci (les vaisseaux sanguins, les cellules du système immunitaire et inflammatoire, les fibroblastes, la matrice extracellulaire etc). Ce terme est notamment souvent présenté comme un élément clef d’un changement de perspective en cancérologie voir d’une « révolution » ou d’un « changement de paradigme ».

L’objectif de notre travail sera d’essayer de comprendre la nature du changement avancé par de nombreux auteurs et institutions en cancérologie.

Pour cela, nous nous intéresserons d’abord aux différentes interprétations qui ont pu être données aussi bien par des biologistes que pa des philosophes. La première interprétation est celle proposée par les biologistes Soto et Sonnenschein, qui analysent le développement récent en cancérologie comme une opposition entre deux théories distinctes : la Tissue Organization Field Theory et la Théorie des Mutations Somatiques. La seconde interprétation que nous présenterons sera celle de Marta Bertolaso, philosophe de la biologie. Pour chacune de ces interprétations, nous nous demanderons si celles-ci décrivent de manière pertinente ce qui est présent dans la littérature scientifique. Pour finir, nous proposerons une troisième possibilité d’analyse de l’évolution de la recherche en cancérologie. »