Accueil du site > Colloque Philo’Doctes > Archives > Session d’hiver 2020 > Ion-Luca Mangiulea > « Le Mal dans la Phénoménologie de (...)

« Le Mal dans la Phénoménologie de l’Esprit. L’aveu, dernier mot de la conscience »

par philo.doctes (31/01/2020)

Résumé de l’intervention de Ion-Luca Manguilea, le 11 janvier 2020, dans la salle D421 à la Maison de la recherche :

La philosophie hégélienne se présente comme la pensée du tout. Ce tout est l’absolu, au sens élémentaire où celui-ci n’a pas d’extérieur, son unique rapport étant sa connaissance de soi-même, que Hegel entend comme philosophie ou science. À partir de là, nous pouvons éclairer la très citée formule de sa préface à la Phénoménologie de l’Esprit, selon laquelle il ne suffit pas de penser l’absolu en tant que substance (comme l’ont fait Spinoza et le jeune Schelling) si l’on ne le pense pas également en tant que sujet, car seul un sujet peut se connaître lui-même, seul un sujet est vivant. Or, la Phénoménologie est la science de l’expérience de la conscience, cette dernière étant également un être vivant, capable de se penser soi-même. Quant à savoir qui est le sujet de cette substance, les diverses interprétations de la Phénoménologie oscillent, soit en faveur de la conscience dans un anthropothéisme, soit d’un sujet plus haut, divin. Or, afin de proposer une contribution à ce débat visant le sujet du système, nous pensons devoir poser la question du Mal au « monisme » hégélien, car le Mal est assurément accompli par un sujet.

Alors, qu’en est-il du Mal dans le monde, lui correspond-il une « théodicée » ? D’où vient le Mal ? Qui fait le Mal ? Existe-t-il un « conflit d’intérêts » entre la conscience et le concept ou l’absolu ? Un tel conflit est-il possible dans le système hégélien ? Jusqu’où le « monisme » peut-il supporter la brisure sans se déchirer ?

C’est dans l’expérience du Mal, véritable paroxysme de la conscience de soi éclipsant tout dans sa splendeur luciférienne, que nous pouvons trouver une réponse à nos interrogations. Opposition la plus dure, au seuil même de l’absolu et de la religion, l’expérience du Mal et de son Pardon est à nos yeux la clef de compréhension de la Phénoménologie de l’Esprit.

Nous nous proposons donc d’introduire la Phénoménologie de l’Esprit à la lumière de sa section VI, division C, ainsi que de la pensée religieuse de Hegel (à Iéna et à Berlin).