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L’expérience (25 mai 2012)

par philo.doctes (24/05/2012)

Université Paris-Sorbonne (Paris IV)

Centre d’herméneutique phénoménologique

EA 3552 « Métaphysique, histoires, transformations, Actualité »

Journée d’études avec la participation de Claude Romano Vendredi 25 mai 2012 de 10h à 18h

Maison de la recherche, 28 rue Serpente, Paris VIème, salle D117

L’EXPERIENCE

Une journée d’études coordonnée par Paula Lorelle, John Rogove et Claude Vishnu Spaak

Matinée

Président de séance : Claude Vishnu Spaak

10h00- 11h00 Claude ROMANO - L’intentionnalité émotionnelle

11h00- 12h00 Paula LORELLE - La matière de l’expérience

Après-midi

Présidente de séance : Paula Lorelle

13h30-14h30 John ROGOVE - Les a priori de l’expérience : entre Husserl et l’empirisme logique

14h30-15h30 Elsa BALLANFAT - L’expérience chorégraphique de l’espace : renouveau de la question de sa nature dans le sillage de Heidegger

Pause

Président de séance : John Rogove

16h00-17h00 Claude Vishnu SPAAK - Expérience et passivité chez Husserl et Levinas

17h00-18h00 Claudia SERBAN - L’expérience de la vie : expérience de soi, expérience du monde ?

Afin de mener à bien son « retour aux choses mêmes », la phénoménologie s’est constituée comme une analyse descriptive du champ de l’apparaître. Pour cette raison, il eût été légitime de s’attendre à ce que le concept d’expérience y jouât un rôle cardinal, comme pierre de touche véritable sur laquelle ces analyses s’appuient, tout autant que comme écran contre toutes les formes de spéculations et constructions intellectuelles dont l’histoire de la métaphysique n’avait jamais su – ou pu – se départir entièrement. En même temps, l’expérience n’était-elle pas inévitablement vouée à apparaître comme un concept trop lourdement chargé du type même de présupposés métaphysiques que la phénoménologie s’était donnée la tâche de dépasser ? Au nombre de ces présupposés figure bien sûr l’empirisme, dont Husserl aura montré qu’il méconnaît la structuration intentionnelle de la conscience. Mais ne peut-on pas tout autant envisager que l’institution par la phénoménologie du thème central de l’intentionnalité permet enfin de renouer avec un concept raffiné et bien compris de l’expérience ? La phénoménologie n’est-elle pas alors le vrai nom de l’empirisme ? Cependant, cette structuration intentionnelle de l’expérience, permettant l’accès à l’objet propre de la phénoménologie, n’a pas pu ne pas poser un certain nombre de problèmes, dont la considération permet sans doute de saisir l’histoire de la phénoménologie, en tant qu’elle est tout autant l’histoire de ses propres dissensions internes. Premièrement, l’expérience gagnée sur le terrain de l’empirisme ne conduit-elle pas a contrario la phénoménologie à une idéalisation coûteuse de l’expérience envisagée comme d’emblée et de droit conceptuelle parce que signifiante ? Comment faire droit, ainsi, à la matière de l’expérience, à cette vérité secrète de l’empirisme peut-être, qui consiste à voir que le donné n’est jamais simplement déductible des prestations qui le visent et en assurent le sens ? N’est-ce pas essentiellement cette ambivalence à l’œuvre dans l’expérience qui, in fine, a conduit la phénoménologie post-husserlienne à problématiser le concept d’intentionnalité lui-même, contestant par là son statut d’horizon indépassable du subjectif (et remettant même en cause, dans certains cas, la pertinence même du concept de subjectivité) ? Enfin, le recours au concept d’expérience – fût-il purgé de ses connotations sensualistes – n’implique-t-il pas nécessairement la reconduction d’un certain primat de la théorie de la connaissance, primat que les développements heideggérien et post-heideggérien de la phénoménologie dans le sillage de l’ontologie auront, comme on le sait, tenté de déconstruire ? Finalement, la phénoménologie n’a-t-elle pas dû se passer de l’expérience pour pouvoir (la) décrire ?


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