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Résoudre le trilemme de l’intentionnalité : le meinongianisme de sens commun et sa critique

par philo.doctes (10/06/2014)

Intervention du 12 juin de Thibaut Giraud

Résumé :

Les relations intentionnelles posent une difficulté que l’on peut formuler sous la forme d’un trilemme. Les trois thèses qui suivent sont incompatibles quoique chacune semble plausible :

(1) Une relation intentionnelle (comme penser, chercher, aimer) est une relation entre un sujet et la chose visée par cette relation. (Par exemple, si je cherche la tour Eiffel, il y a une relation entre moi et la Tour Eiffel.) (2) Il n’y a de relation que si les relatés existent. (3) Il arrive que la chose visée par une relation intentionnelle n’existe pas. (Par exemple, je peux penser à une montagne d’or.)

On verra que la thèse qui, du point de vue du sens commun, semble la moins coûteuse à rejeter, est (2). Je montrerai que rejeter (2) tout en conservant (1) et (3) conduit à une forme de meinongianisme que j’appellerai meinongianisme de sens commun (car il se présente comme la solution du sens commun au trilemme de l’intentionnalité). Toutefois, je montrerai que, malgré son attrait apparent, cette approche est en fait intenable : rejeter (2) ne permet pas de maintenir (1). On pourrait alors être tenté par une autre solution du trilemme : rejeter (1) tout en conservant (2) et (3). Je montrerai là aussi les limites de cette approche et plaiderai finalement pour une solution mixte : rejeter à la fois (1) et (2), ce qui conduit à un meinongianisme d’un type particulier, ce qu’on pourrait appeler un meinongianisme frégéen (notamment défendu par Edward Zalta).