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Mélissos face à Parménide : reprise et innovation

par philo.doctes (1er/10/2014)

Intervention du 23 octobre de Mathilde Brémond :

Résumé : Mélissos de Samos, philosophe présocratique dit éléate, a défendu un monisme radical qui nie l’existence de tous les phénomènes que nous percevons : génération et corruption, mouvement, changement, multiplicité. Cette doctrine extrême est cependant restée dans l’ombre de celui qui est considéré comme son maître et inspirateur, Parménide : déjà chez Aristote, Mélissos est rejeté en tant que philosophe de moindre valeur, coupable de graves fautes logiques ; aujourd’hui, rares sont les ouvrages qui s’intéressent à sa pensée, et son étude est le plus souvent reléguée à un chapitre dans des travaux consacrés à Parménide. Mélissos présente cependant un intérêt philosophique, en ce qu’il semble avoir cherché à démontrer les qualités de l’être parménidien dans une prose claire et une argumentation extrêmement précise, qui contrastent avec les vers souvent obscurs de Parménide. Au-delà de son innovation argumentative, Mélissos se démarque de son maître dans l’affirmation de certaines thèses, notamment l’infinité de l’être. Nous étudierons dans notre intervention certaines thèses et arguments de Mélissos, notamment son argument difficile pour l’infinité de l’être qui a souvent été rejeté rapidement comme comportant une faute logique. Cela nous permettra de définir la démarche mélisséenne par rapport à Parménide, entre tentative de clarification et innovation.