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L’existence comme propriété : et si Kant n’avait pas tout dit ?

par philo.doctes (5/11/2014)

Intervention du 20 novembre de Thibaut Giraud :

Résumé :

Il est communément reçu dans l’opinion philosophique, tant continentale qu’analytique, que l’existence n’est pas une propriété. (La formulation précise de cette thèse peut varier ; peut-être faut-il préférer dire que l’existence n’est pas un prédicat réel ou un prédicat de premier ordre.) Nous essayerons de montrer en quoi cette thèse peut être remise en question.

Nous étudierons d’abord les deux principaux types d’argument qui sont supposés la soutenir :

- l’argument kantien que l’on peut résumer à cette formule : l’existence ne fait aucune différence. (Le fameux exemple des cent thalers : le concept de cent thalers contient exactement les mêmes propriétés que les cent thalers existant, donc l’existence ne fait pas partie des propriétés de ces derniers.)

- L’argument frégéen : l’existence se réduit à la quantification. (« Un x existe » signifie seulement que le nombre des x est supérieur à 0.) Dans un second temps nous examinerons la force de ces arguments.

- Montrent-ils qu’il est impossible de traiter l’existence comme une propriété ? Et si oui, pour quelle raison ? (Incohérence logique ?) Nous verrons que ces arguments ne permettent pas d’arriver à une telle conclusion.

- Montrent-ils seulement qu’il est possible de ne pas traiter l’existence comme une propriété (par exemple en la réduisant à une autre notion) ? Dans ce cas il restera à justifier pourquoi l’on devrait accepter une telle réduction : quel gain est-elle supposée entraîner ? (Economie métaphysique ?)

Nous verrons que, même en admettant que la réduction soit possible, il reste difficile de justifier en quoi elle serait forcément préférable à tout autre approche. Le choix d’une théorie métaphysique où l’existence est traitée comme une propriété (par exemple une théorie meinongienne) reste donc un choix pertinent tant du point de vue logique qu’ontologique.