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Résistances et jeux de pouvoir(s) – Une remise en cause des usages métaphoriques de l’image de la marionnette en philosophie

par philo.doctes (7/10/2014)

Intervention du 4 décembre de Noémie Lorentz :

Résumé :

Le premier usage de l’image de la marionnette en philosophie est un usage métaphorique.

En effet, une large tradition philosophique fait de la marionnette une figure de soumission, représentative d’une condition humaine pathétique, manipulée par un pouvoir supérieur s’exerçant à sens unique. En dépit de nécessaires variations selon les auteurs, pantins, marionnettes et automates sont autant de « contre-modèles » qui font invariablement figures d’avatars liberticides d’un déterminisme divin, d’un assujettissement politique, d’une aliénation obscurantiste au simulacre et/ou d’un mécanisme strict.

Or si la métaphore est un trope utile, force est de constater qu’elle ne propose pas forcément une conception fidèle de l’objet sur lequel elle se fonde. Nous postulons que l’usage métaphorique qui est attaché à la marionnette est un obstacle à une pensée juste de l’objet scénique, dans la mesure où il propose une grille de lecture erronée des rapports de pouvoir en jeu dans la relation réelle entre la marionnette et le marionnettiste.

Nous nous proposons alors de rompre avec cet usage métaphorique trivial et réducteur agissant sur certaines scènes de la pensée et de s’attacher à une analyse esthétique et pragmatique des scènes réelles. Des études de cas suggèrent en effet la possibilité d’une réorganisation des pouvoirs, circulant entre corps vivants et corps animés, selon un schéma non plus strictement unidirectionnel mais polymorphe, multipolarisé et versatile.