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Nécessité et phénoménalité

par philo.doctes (13/02/2015)

Intervention du 19 mars de John Rogove :

Résumé : La possibilité de la phénoménologie se fonde en fin de compte sur une conception bien précise de la nécessité : une nécessité qui doit être absolue et inconditionnée, et dont l’inconditionnalité apparaît. Or non seulement cette même prétention à receler un fondement sur une nécessité absolue et inconditionnée est-elle présente au moins implicitement dans quasiment toute les philosophies qui ne s’inscrivent pas explicitement dans un héritage héraclitéen ; celle de la phénoménologie est surtout concurrencée et même défiée à la fois par la philosophie transcendantale de type kantien et par l’empirisme logicisé (post)néopositiviste. La nécessité phénoménologique semble prise en étau entre, d’une part, l’horizon anthropologiste qu’impose la « révolution copernicienne » kantienne et, d’autre part, le « tautologisme » formaliste qui sert de fil coducteur à la philosophie analytique au moins jusqu’au grammaticalisme wittgensteinien et à l’extensionnalisme post-frégéen de Quine inclus. La phénoménologie, elle, semblerait tantôt vulnérable aux mêmes critiques qu’adresserait l’épuration analytique à toute sorte de philosophie transcendantale ou intuitionniste, tantôt déployer une stratégie de fondation purificatrice de sa nécessité dans un déploiement du « sens » qui l’apparente à la stratégie analytico-linguistique même.

Nous montrerons que ce qui distingue la démarche phénoménologique de ses deux sœurs est à la fois ce qui apparente celles-ci l’une à l’autre et ce qui permet de démontrer que la phénoménologie est la seule à même de mettre à nu la véritable révélation de la nécessité inconditionnée.