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La bigarrure de la vie

par philo.doctes (19/10/2011)

Communication du 28 avril 2011, effectuée dans le cadre du séminaire des doctorants de Paris-Sorbonne.

Aristote donne une définition de la vie dans le De Anima1 : « ce qui distingue l’animé de l’inanimé, c’est la vie ». Mais, « il y a plusieurs manières d’entendre la vie » (II, 2, 41 3a 22-26). Tout d’abord, l’homme est celui qui partage toutes les qualités et s’il venait à perdre la qualité de la plante, il ne pourrait plus, par exemple, survivre en son milieu. C’est en ce sens que dans les Parties des Animaux 2, II, 10 Aristote note que la fonction nutritive de la plante est la base la plus largement partagée par tous les êtres vivants : « nous affirmons, en effet, que ces êtres sont vivants ». Le rôle nutritif représente alors la base du vivant, base sans laquelle aucun être mortel ne saurait subsister. Si l’élément végétal est si capital pour la constitution des autres modes d’être d’après la tradition philosophique, qu’en est-il chez Kierkegaard ? Dans Le Lis des champs et les oiseaux du ciel, Kierkegaard pense la vie humaine à partir des animaux et des plantes. Dans quelle mesure la nature peut-elle nous ouvrir à une vie qui ne soit pas figée dans un savoir, une vie qui serait proprement une dynamique de création ? C’est en suivant l’Evangile de Matthieu que le Solitaire de Copenhague va poser la thèse décisive : « se contenter de sa condition d’homme ». Il est effectivement propos de l’homme, donc de l’existence en tant que l’homme existe, mais par une méditation que porteront, tour à tour, l’élément végétal, le lis, et l’élément animal, le ramier. Dans quelle mesure la vie animale et la vie végétale possèdent-elles la clef pour nous présenter la vie authentiquement humaine ? Qu’est-ce qu’une vie authentique au sens kierkegaardien ?