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En quel sens peut-on parler de progrès en philosophie ? Réflexions à partir de la naissance de la phénoménologie

par philo.doctes (20/06/2016)

Résumé de l’intervention d’Hadrien Simon du 23 juin 2016 :

A partir de la publication des Recherches Logiques en 1901, Husserl n’a cessé de concevoir la phénoménologie comme une rupture radicale par rapport à sa tradition. Pour autant, lui qui s’est justifié en engageant un débat critique avec Descartes, a vu ses successeurs, Heidegger en tête, lui rappeler tous les présupposés cartésiens de sa philosophie (maintien d’une structure sujet/objet, de l’ego comme source ultime de la connaissance). Si l’on se soumet à des constats historiques de cette nature, il semble que l’on s’apprête rapidement à relativiser toute tentative de parler de progrès dans la philosophie. J’aimerais tenter de défendre une position différente. Si l’on part de notre « petite » échelle du travail de thèse, nous faisons souvent l’expérience de progrès dans la compréhension des problèmes qui nous occupent, et en regardant plus loin en arrière nous aurons probablement le sentiment, par rapport au début de celle-ci, d’avoir « avancé ». On nous rappellera cependant que notre propre pensée n’est pas un objet d’étude scientifique recevable, et les exigences académiques nous demandent de savoir interpréter des auteurs. Mais sur ce plan (celui des personnes) il n’y a que des thèses (personnelles), considérées comme plus ou moins abouties. Or si l’on parvient à ne pas réduire toute la philosophie à ce plan, chaque thèse peut en droit se retrouver dans l’unité de certains thèmes philosophiques. Clarifier le rapport entre thèse et thème doit donc permettre de préserver la notion de progrès enphilosophie, en évitant le relativisme des auteurs, et à condition de renoncer à la notion de progrès dans la philosophie. A partir de ces développements et de l’exemple de la phénoménologie, j’espère constituer une matière à un échange qui sera d’autant plus fédérateur qu’il doit, à un niveau ou un autre, nous concerner tous.