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L’ironie comme symptôme de la mort de l’art : Hegel critique des romantiques

par philo.doctes (23/01/2017)

Résumé de l’intervention de François Ottmann (Université Paris I et Technische Universität Dresden) du 26 janvier 2017.

La célèbre thèse hégélienne de la fin de l’art a fait couler beaucoup d’encre. Le diagnostic semble en effet davantage produit par un systématisme borné asservissant l’histoire de l’art aux impératifs dialectiques, que par une observation précise et objective du contexte artistique. Ce jugement sans nuance semble en outre vigoureusement démenti par les sommets artistiques atteints par ses contemporains et leurs successeurs : comment expliquer par exemple le rejet violent des romantiques au simple titre de leur ironie ?

Il faut en réalité revenir aux prémisses de la thèse hégélienne pour en dégager la radicalité et toute l’originalité : la mort de l’art est une description précise d’une situation artistique particulière qui apparaît autour de 1800 et vise l’apparition progressive d’un art autonome, c’est-à-dire d’un art dont la destination n’est plus un contexte social ou religieux assignables, mais un espace abstrait et déraciné, celui du musée. Nous verrons que la critique des romantiques et de l’ironie est à resituer dans ce moment de crise artistique dont la logique est — contre toute attente — admirablement décrite par le concept de mort de l’art.