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Publics de la philosophie politique (1750-1780)

par philo.doctes (30/01/2017)

Résumé de l’intervention d’Ariane Revel (Université Paris Est) du 3 février 2017.

Les pratiques de lecture connaissent au XVIIIe siècle des mutations qu’ont identifiées et étudiées les historiens : augmentation de la production et de la diffusion des ouvrages, élargissement du public, passage d’une lecture de type intensif à une lecture de type extensif – ou du moins cohabitation des deux modes de lecture –, multiplication des lieux de prescription – avec notamment l’essor des périodiques. De façon concomitante, la question de l’opinion publique devient au milieu du siècle un enjeu politique à la fois théorique et pratique. Sa nature, sa formation, son rôle politique sont interrogés ; elle prend progressivement la consistance d’un acteur politique aux contours difficilement saisissables, suscitant à la fois la méfiance et l’intérêt.

Ces modifications du statut du public, lecteur et acteur, ont des effets sur la manière dont les philosophes écrivent, et notamment dont ils écrivent sur la politique : la relation établie entre les auteurs et ce nouveau lectorat (pris soit comme lecteur individuel, soit comme entité collective) pose les conséquences pratiques de l’énonciation de la vérité comme un enjeu à part entière de l’activité philosophique, et modifie ses formes.