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Le langage kierkegaardien entre cri et silence

par philo.doctes (31/10/2011)

Communication du 3 novembre 2011, effectuée dans le cadre du séminaire des doctorants de Paris-Sorbonne.

Résumé :

Le langage kierkegaardien se dissimule dans la puissance de la voix du philosophe danois et se révèle à travers les voix du texte. En ce sens, il n’est pas aisé d’appréhender cette notion tant celle-ci s’exprime de manière polyphonique : à des textes signés de la main de Kierkegaard comme écrivain, répondent de plusieurs voix les ouvrages pseudonymiques. Le langage dans la pensée kierkegaardienne se présente alors comme une communication qui est double, d’un côté une communication directe qui sollicite le lecteur à crier le texte, de l’autre côté, une communication indirecte qui vise un non-savoir. S’il est vrai que Kierkegaard crie son texte, le déclamant tout haut à son lecteur bienveillant et à Dieu comme a pu le faire Job, aussi reste-t-il silencieux à l’image d’Abraham sur le Mont. Ici, se jouent les possibles du langage au sens où faire silence ne signifie pas être muet de manière pathologique mais plutôt préférer le silence au bavardage inutile.