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Le rose est-il plus proche du rouge que du bleu ? La structure quantitative des propriétés phénoménales.

par philo.doctes (8/03/2017)

Résumé de l’intervention d’ Antonin Broi (Université Paris IV) du 16 mars 2017 :

Il est communément admis que certains jugements portant sur des quantités perçues sont justifiés : par exemple, « la musique est plus forte que le bruit du lave-linge », « le soleil est beaucoup plus éblouissant que le lampadaire », etc. Mais en quoi sont-ils justifiés ? La réponse semble évidente : « je pense que la musique est plus forte que le bruit du lave-linge parce que j’entends les deux, et j’entends que la première est moins forte que le second ». Si on prend au sérieux cette justification, on est amené à considérer les relations quantitatives qui existent entre nos perceptions de la musique et du bruit du lave-linge comme faisant intégralement partie du contenu de nos états perceptifs, et comme possédant une phénoménologie. Cela signifie donc que ces relations quantitatives (qui relient entre elles des propriétés phénoménales, comme l’intensité sonore ressentie) sont elles-même phénoménales. Il est alors possible de discuter des différents types de relations quantitatives phénoménales, et des conditions sous lesquelles ces relations quantitatives phénoménales apparaissent. Les arguments auxquels je ferai appel pour évaluer les différentes théories en compétition appartiennent à trois domaines : la description que l’on peut faire de notre propre phénoménologie (description phénoménologique), la mise en cohérence avec les théories psychophysiques scientifiques, et l’étendue de notre connaissance phénoménale modale.