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Le retour des fins dans la nature.

par philo.doctes (15/03/2017)

Résumé de l’intervention de Victor Lefèvre (Université Paris I) du 30 mars 2017 :

Nous formulons une proposition iconoclaste : contre la science moderne, il faut renouer avec l’explication téléologique afin de comprendre la nature. La meilleure interprétation possible des attributions fonctionnelles en écologie – telle la fonction de pollinisation des abeilles ou la fonction de régulation hydrique des barrages de castor – est en effet une interprétation téléologique. Plus précisément, nous soutenons que les écosystèmes sont des totalités organisées, c’est-à-dire des individus dont les parties dépendent les unes des autres pour leur existence. De ce fait, chaque écosystème œuvre à son propre maintien et constitue ainsi une fin naturelle. Nous montrerons que cette proposition, qui s’inscrit dans une longue tradition organiciste en écologie, peut se formuler en des termes scientifiquement rigoureux et dispose d’un pouvoir explicatif. Nous utiliserons la distinction entre contraintes et processus thermodynamiques afin de décrire l’organisation des écosystèmes. À partir de cette distinction, nous présenterons une explication de la persistance des écosystèmes et esquisserons quelques jalons pour l’explication des successions écologiques. Nous discuterons enfin des conséquences éthiques de cette proposition, en particulier de si elle est une raison suffisante pour souscrire à l’écocentrisme, c’est-à-dire pour reconnaître les écosystèmes comme patients moraux voire comme détenteurs de droits moraux.