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La réinvention de la conscience dans la naissance de la phénoménologie

par philo.doctes (29/11/2017)

Intervention d’Hadrien Simon (Université de Rouen) le 30 novembre 2017, G366 en Sorbonne
Heure spéciale 19h à 20h
La phénoménologie est née comme une philosophie de la conscience, au début du XXe siècle. En cela, elle est l’héritière d’un concept particulièrement marqué par la pensée empiriste, de Locke à Brentano. En tant que telle, la naissance de la phénoménologie peut s’interpréter au titre d’un événement historique, et je voudrais présenter le type de travail philosophique qu’opèrent Brentano puis Husserl sur le concept de conscience. Mais d’un autre côté cependant, s’il doit bien être question de parler d’une nouveauté philosophique dans un tel contexte historique, il faut bien que celle-ci soit le résultat d’une certaine pratique (les œuvres textuelles qui témoignent de cette naissance sont bien aussi le résultat d’un effort de pensée, qu’elles soient conçues comme personnelles ou non). Mais comment le concept de conscience pourrait-il supporter une agentivité qui puisse en faire le nom d’une telle pratique ? Il semble a priori que deux champs conceptuels se dressent ici l’un contre l’autre, comme la philosophie de la connaissance se sépare de la philosophie de l’action. Sauf, peut-être, à réinterroger à nouveaux frais le concept d’intention : couramment utilisé dans le domaine de l’action humaine, il sert pourtant à caractériser l’essence même de l’acte de conscience, dans les Recherches Logiques de Husserl.