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Phusis avant la phusis. Heidegger, 1926

par philo.doctes (10/01/2018)

Résumé de l’intervention de Fanny Valeyre (doctorante à l’Université Paris-Sorbonne) le 25 janvier 2018 :

Le terme phusis (habituellement traduit par « nature ») constitue selon Heidegger le premier nom, la première empreinte de l’être chez les Grecs. La compréhension de phusis a évolué dans l’œuvre de Heidegger, corrélativement au primat nouvellement accordé aux penseurs présocratiques (essentiellement Anaximandre, Héraclite et Parménide) vis-à-vis d’Aristote. Ainsi la pleine signification de phusis est-elle tardivement déployée. Toutefois, sa dimension ontologique et sa distinction vis-à-vis de la « nature » sont présentes dans l’œuvre dès les années 1920. Le cours du semestre d’été 1926, Concepts fondamentaux de la philosophie antique, donne un précieux éclairage sur la première pensée de phusis chez Heidegger. Nous essaierons d’y identifier les premiers traits conférés à phusis, traits dont l’articulation n’est pas explicite, et d’y voir l’expression « physique » de la différence ontologique (la différence de l’être et de l’étant ; le fait que l’être ne soit rien d’étant) qui, si elle n’est pas encore nommée en 1926, est ici directrice. À partir de cette lecture heideggerienne de phusis chez les Présocratiques et chez Aristote, nous tenterons de préciser le sens de l’interrogation ontologique chez les Grecs, et notamment d’apercevoir dans quelle mesure ce cours pourrait constituer une première expression de la thèse heideggerienne de la « constitution onto-théo-logique de la métaphysique ». Enfin, il s’agira de caractériser les relations et l’importance respective, en 1926, des trois mots fondamentaux phusis, logos, alêtheia, à partir de la double pluralité des sens de l’être chez Aristote ici soulignée par Heidegger.