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Réalité de l’héliocentrisme : la question des nouveautés célestes à la fin du XVIème siècle

par philo.doctes (19/02/2018)

Résumé de l’intervention de Pierre Jeandillou (doctorant à l’Université de Lille III) le 22 février 2018 :

« On admettra que le Soleil lui-même occupe le milieu du monde » (Copernic, De Revolutionibus, livre I). Quel est le statut d’une telle proposition ? S’agit-il d’une simple hypothèse mathématique, dont la vérité - ou la fausseté - importe peu, pourvu qu’elle facilite les calculs de l’astronome ? Ou bien doit-on comprendre que le monde est réellement organisé de cette manière ? Dans le sillage de Copernic, les astronomes de la fin du XVIème siècle ont majoritairement privilégié cette deuxième lecture ; les uns, coperniciens, ont pris soin d’écarter l’idée selon laquelle l’hypothèse héliocentriste pouvait rendre raison des mouvements planétaires sans pour autant être vraie ; les autres, pour s’opposer au copernicianisme, ont cherché à montrer l’absurdité des conséquences réelles de cette hypothèse et du mouvement de la Terre. Nous nous demanderons pourquoi et comment cette interprétation réaliste de l’astronomie s’est imposée ; nous serons particulièrement attentifs à la manière dont l’étude des « nouveautés célestes » (comètes, étoiles nouvelles) apparues dans le ciel à cette époque a contribué à ce choix épistémologique en faveur du réalisme ; en effet, ces objets astronomiques secondaires, presque anecdotiques, ont alors suscité un vif intérêt et permis de poser dans des termes nouveaux la question du système du monde.