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Méthode intuitive et abstraction eidétique : les « choses mêmes » de l’expérience sont-elles concrètes ?

par philo.doctes (23/11/2011)

Intervention du 24 novembre 2011, effectuée dans le cadre du séminaire de doctorants de philosophie de Paris-Sorbonne.

Résumé :

La structuration intentionnelle de la conscience semble nécessiter que les objets de l’expérience soient donnés de manière eidétique ; cet archi-mode de donation est pour une part le résultat de la méthodologie phénoménologique de la réduction, à savoir la mise entre parenthèses de la facticité sensible, c’est-à-dire la présence métaphysique de la sensation brute. Or ce caractère eidétique du donné, plus que simple terminus ad quem du choix méthodique husserlien, doit être identique à cette méthode en tant que méthode pure, ou pure description de ce qu’il y a sans présupposés « métaphysiques », à savoir extra-expérimentaux. La phénoménologie doit donc être une radicale « prise au sérieux » de l’expérience pour elle-même contre ses fausses interprétations empiristes, et donc de présupposés méthodologiques métaphysiques qui viennent s’interposer entre le phénoménologue et ces choses mêmes qu’il s’agit de faire ou de laisser apparaître dans toute leur nudité. Mais cette mise entre parenthèse du « réel » concret de la sensation à la faveur des essences est-elle le moyen adéquat d’atteindre les « choses mêmes » telles qu’elles sont vécues ?

Références Bibliographiques :

Husserl E. (1907) - L’idée de la Phénoménologie

Husserl E. (1913) - Ideen I