Accueil du site > Colloque Philo’Doctes > Archives > Session d’été 2019 > Fanny Valeyre — 13 juin

« La lecture heideggerienne de la relation entre phusis et poièsis chez Aristote, avant Être et Temps »

par philo.doctes (10/06/2019)

Résumé de l’intervention de Fanny Valeyre, le 13 juin, salle G075

Comment Heidegger entend-il la relation entre phusis (« nature ») et poièsis (« production ») dans le corpus aristotélicien ?

De part et d’autre du « tournant », Heidegger met en lumière l’horizon poiétique de la compréhension grecque de la phusis. Dans les années 1920, et dans la perspective qui est alors la sienne, celle consistant à prendre pour point de départ le Dasein, et ce également lorsqu’il s’agira de « déconstruire » l’ontologie antique, Heidegger reconduit cette conception de la phusis à l’être du Dasein, qu’il s’agisse de la « vie » comme être-au-monde dans son cours de 1924 ou du comportement de production propre au Dasein, dans le cours de 1927.

Nous étudierons le cours de 1924 à la lumière de son commentaire par Christian Sommer, de l’ouvrage de Reiner Schürmann consacré à Heidegger, et en plaçant en regard les textes mêmes d’Aristote ainsi que ceux de philologues qui décèlent un modèle productif dans la pensée de l’étant naturel chez Aristote. Dans ce cours est mise en lumière la compréhension aristotélicienne de l’être comme présence subsistante, comme être-accompli (teleion), comme être-fabriqué, une compréhension qui pourra être mise en rapport avec les traits propres à la poièsis. Heidegger s’appuie sur l’examen, chez Aristote, de la notion cruciale du mouvement (kinèsis), qui détermine l’être de la phusis. À partir de cette analyse, nous tâcherons d’apercevoir en quoi la phusis peut se révéler comme étant comprise selon une perspective poiétique.

À une telle acception de la phusis pourra être opposée, dans l’œuvre plus tardive, une entente plus initiale de celle-ci comme simple éclosion, qui point encore dans l’œuvre d’Aristote.