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Pour un quiétisme pragmatique : en finir avec le débat sur le libre arbitre

par philo.doctes (2/12/2011)

Soutenance du 13 décembre 2011. 14h30, salle ECLA à l’Ecole Normale Supérieure - 45 rue d’Ulm, 2e etage.

Thèse dirigée par Daniel Andler.

Le jury est composé de :

M. Daniel Andler, Professeur à l’Université Paris-Sorbonne (Paris IV) M. Vincent Descombes, Directeur d’étude à l’Ecole des hautes études en sciences sociales (rapporteur) M. Paul Horwich, Professeur à l’Université de New York M. Edouard Machery, Professeur à l’Université de Pittsburgh M. Cyrille Michon, Professeur à l’Université de Nantes (rapporteur) M. Jean-Baptiste Rauzy, Professeur à l’Université Paris-Sorbonne (Paris IV)

Résumé :

Le débat sur le libre arbitre continue depuis des siècles, réfractaire à toute tentative de solution positive. Cette thèse présente une contribution visant à dissoudre le problème plutôt qu’à le résoudre. L’approche négative et « thérapeutique » du travail est d’inspiration largement wittgensteinienne : son noyau réside dans la thèse selon laquelle les problèmes philosophiques – y compris le problème du libre arbitre – ont pour origine une confusion dans l’usage des mots. Dans les deux premiers chapitres, j’examine le débat analytique sur le libre arbitre et l’approche récente de la philosophie expérimentale. Je montre que la difficulté d’arriver à un niveau d’accord même minimal sur les questions principales du débat rend déraisonnable de vouloir le poursuivre. Dans le troisième chapitre, je présente l’approche négative des problèmes philosophiques défendue par Paul Horwich dans son travail sur Wittgenstein et dans ses échanges avec Timothy Williamson et Richard Rorty. Dans le quatrième chapitre, j’applique la thèse wittgensteinienne de la confusion linguistique à la question du libre arbitre. Au centre du cinquième chapitre se trouve la position défendue par Peter Strawson dans son article « Freedom and Resentment » (1962), dont je présente une lecture pragmatique. Selon cette interprétation inspirée par Rorty, Strawson montre que le scepticisme à l’égard de la responsabilité morale représente une forme de politique culturelle vouée à l’échec.

Summary :

Philosophical attempts to solve the free will conundrum have proven unsuccessful across the centuries. In this work I aim at dissolving rather than solving the problem. The negative and “therapeutic” approach I adopt is inspired by Wittgenstein, its core being the thesis that such philosophical problems as free will stem from linguistic confusion. In the first and second chapter I examine the contributions on free will provided within analytic philosophy and within the so called experimental philosophy. I argue that it is not reasonable to pursue this debate, insofar as it is by now clear that its main questions admit of no shared solutions. In the third chapter I present the negative approach to philosophical problems defended by Paul Horwich in his work on Wittgenstein and in his exchanges with Timothy Williamson and Richard Rorty. In the fourth chapter I apply to the free will issue an approach focused on Wittgenstein’s thesis concerning linguistic confusion. In the fifth chapter I provide a pragmatic reading of the position defended by Peter Strawson in his « Freedom and Resentment » (1962). According to this interpretation inspired by Rorty, Strawson shows that scepticism about moral responsibility comprises an unfruitful form of cultural politics.