Accueil du site > Colloque Philo’Doctes > Archives > Session d’hiver 2013 > Elise Lamy-Rested

La déconstruction, und so weiter...

par philo.doctes (14/01/2013)

Intervention du 7 février - Colloque Philo’Doctes

Résumé

La pensée derridienne se lit à rebours, par le biais d’une « question-en-retour » (Rückfrage) qui, chez Derrida, ne se distingue pas de l’après-coup freudien (Nachträglichkeit). Si toute la déconstruction peut sans doute être pensée comme le résultat de l’étrange connexion de la phénoménologie husserlienne et de la psychanalyse freudienne, cette union – qui est opérée dans le chapitre V de La voix et le phénomène (« le signe et le clin d’œil ») – n’est compréhensible qu’à l’aune de l’un des touts derniers textes de Derrida : « Et cetera... (and so on, und so weiter, and so forth, et ainsi de suite, und so überall, etc.) », dans lequel le philosophe renoue avec sa lecture de Husserl. En suivant le chemin ouvert par « Et cetera... », nous tenterons de penser ce que Derrida entend par « déconstruction » et comment cette dernière nous reconduit à une structure temporalisante indéconstructible que l’on retrouvera à l’œuvre dans tous les textes du philosophe sous une multiplicité de noms différents (différance, phainesthai, hospitalité, promesse, messianicité, justice, etc.). Or cette structure irreprésentable qui en appelle à sa re-présentation dans un substitut technique se confond en fait avec l’infinité d’un und so weiter en termes husserliens, ou avec celle de la mécanique d’un fort-da en termes freudiens.